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Oser voir le comportement et le corps d’un enfant abusé sexuellement
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Chez le nourrisson et le tout jeune enfant
On sait maintenant que plusieurs abus incestueux débutent dans la très petite enfance. L’enfant n’a pas de parole. Le diagnostic est difficile. Il repose sur l’examen clinique lors des visites systématiques chez le médecin. L’enfant peut alors présenter (mais pas toujours) des lésions à l’anus, à la vulve, à la bouche : blessures, irritations, hémorragies. L’évaluation de la croissance et l’observation du comportement du nourrison peuvent aussi apporter des renseignements précieux : l’enfant est-il chétif? trop immobile? apathique? sans sourire? méfiant? étonnament silencieux ou au contraire gesticulant de manière étrange?
Chez l’enfant
Ce sont les troubles de comportement qui occupent le devant de la scène :
Comportement anormalement sexualisé
Troubles de développement responsables de difficultés scolaires
Modification du comportement et manifestations émotionnelles envahissantes
Fatigue, mal de ventre, sommeil perturbé, cauchemars fréquents, régression
Estime de soi gravement altérée
À l’adolescence
Douleurs abdominales, maux de tête, malaises
Comportement autodestructeurs, toxicomanie, tentatives de suicide, fugues et errances, troubles du comportement alimentaire, hyperactivité sexuelle, prostitution, automutilation
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Oser entendre la parole d’un enfant abusé sexuellement
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La révélation des abus vécus dans la famille n’est jamais facile. L’enfant ignore le plus souvent que la situation qu’il vit est “anormale” et qu’il a des droits. Ce qui se passe en famille est sa norme. Quand l’enfant réalise l’anormalité de ce qu’il vit, il est envahi par la honte et la culpabilité. Il se tait surtout parce qu’il est menacé et sommé de le faire.
Tout enfant est en quête affective. Quand un adulte profite de cette quête pour offrir une réponse d’ordre sexuel, il abuse de l’enfant, il le trompe et l’emprisonne. Il lui vole son enfance. L’enfant peut alors adopter un comportement de survie, un comportement ambivalent. Il est débordé de sensations qu’il ne peut pas intégrer. Il est soumis au secret imposé par son abuseur.
Alors, quand l’enfant ose parler, osons l’écouter. Généralement, sauf dans de rares exceptions, l’enfant n’invente pas le récit d’une agression sexuelle. Honte et peur sont les sentiments dominants. Son récit est fait dans ses mots et n’est pas élaboré avec une chronologie précise. Croire l’enfant et le lui dire est essentiel. Celui-ci, après avoir parlé, peut se rétracter. Ce symptôme fait partie des mécanismes d’accomodation au traumatisme. Il peut s’agir d’un revirement spontané parce que l’enfant se sent coupable d’avoir parlé ou parce qu’il est soumis à des pressions familiales.
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Oser dire qu’un enfant est abusé sexuellement
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Il faut avoir le courage de repérer et de dépasser nos résistances face à cette violence. La perspective d’un signalement n’est jamais une tâche facile mais combien nécessaire pour protéger l’enfant.
L’abus sexuel est un piège qui enferme la victime et les témoins. Dès sa naissance, le corps de l’enfant est livré à sa famille, puis à des proches, et de tous temps, cette vulnérabilité a poussé des adultes à en profiter. Cette violence impensable est enfouie en nous, elle court-circuite nos pensées et nos actions. Les familles incestueuses suscitent en nous des mécanismes inconscients de défense. Nous les mettons en place à notre insu, pour sauver nos représentations parentales, notre idéal familial ou professionnel, et plus largement notre vision de l’humanité. Prenons garde à ces idéologies qui nous font refuser l’évidence du mal et nous protègent de l’angoisse.
Sortir du silence et du secret, de la confusion et de la honte engendrées par les climats incestueux, c’est soutenir l’enfant dans ses propres efforts de résistance et sa volonté de résilience. Il attend cela de ses tuteurs et compte sur eux pour le protéger. L’enfant victime d’inceste en veut souvent davantage à ceux qui ne l’ont pas protégé de ces situations d’abus.
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résumé d’un texte de Dr Dominique Boutrolle, pédiatre
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Signalement, Direction de la Protection de la jeunesse à Montréal : 514-896-3100
Division des agressions sexuelles de la police de Montréal : 514-280-8502
Substituts du procureur à Montréal : 514-393-2703
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